Entretien avec Yannick Guilbaud pour deux nouveaux romans nantais

Déjà auteur des Insurgés de la Navale chez Coop Breizh, Yannick Guilbaud réédite Rue du Port au Vin en mai. Dans le même temps, il publie Rue Crébillon sous Terre, un prolongement du précédent. Deux romans assez sombres ayant Nantes pour décors.

– Pouvez-vous vous présenter brièvement?

En ce qui me concerne, je suis père de famille. J’ai longtemps exercé le métier de généalogiste après avoir été éducateur spécialisé. Aujourd’hui je m’adonne à un certain nombre de passions. L’écriture en premier, mais j’ai toujours aussi pratiqué la photographie argentique ; je suis un peu aquarelliste… j’ai longtemps évolué dans le milieu breton à Nantes (14 ans au cercle breton de Nantes) où je chantais (chants de marins, chants de Loire et chants à danser; groupe Gaillard d’Avant)

J’aime les longues promenades solitaires à la mer ou la campagne ; mais aussi les soirées avec mes bons amis autour d’une bonne table. Contradiction ou complémentarité ?

Inconditionnel de Brassens depuis toujours, j’aime la musique classique ; une préférence pour Schubert. Mon côté romantique.

En 1999 & 2000 j’ai monté un spectacle sur la fin des chantiers navals de Nantes. Beau succès ! Nantes est ma ville de naissance, j’aime cette ville, son histoire… une véritable passion amoureuse me lie à elle.

Qu’est-ce qui vous pousse à écrire ?

Ce qui me pousse ? Sans doute une façon d’être ou plutot d’exister. On dit par l’écrit et en particulier dans le roman ce qu’on ressent en profondeur, on s’engage d’une certaine façon ; le roman fait fi du temps et de l’espace.

Les personnages nous permettent d’évoluer dans un monde que l’on peut s’approprier.

Que raconte Rue du Port au Vin ?

Mériadec est journaliste. Son rédacteur en chef lui demande de s’inflitrer dans le milieu homosexuel terroriste nantais. Il n’imagine pas à quel point sa vie va être bouleversée par cette enquête. Combien de remises en question, la rencontre avec le beau Ludovic va provoquer dans son quotidien.

Un roman noir avec en toile de fond la cité des Ducs de Bretagne.

Pourquoi le rééditer aujourd’hui ?

Ce premier roman (prix du Pouliguen 2002) fut tiré à quelques quatre cents exemplaires vendus très vite. Epuisé, il est souvent demandé.

Et puis j’aime bien mon premier ouvrage.

Et Rue Crébillon sous Terre ?

C’est un roman de la même veine que Rue du Port au Vin ; on ne peut dire qu’il en est tout à fait  la suite, en revanche les protagonistes de l’histoire sont les mêmes (personnages récurrents comme on dit !).

L’intrigue du départ est la suivante : L’amie de Mériadec (Elizabeth) a disparue. Il cherche dans la ville avec les moyens dont il dispose. À cela s’accrochent d’étranges navires aux quais de Nantes : non identifiés, cargaisons inconnues etc. À Montoir, à la sortie de l’estuaire la présence d’un méthanier est encore plus mystérieuse et angoissante. Tous ces évènements vont se croiser et installer la ville et les personnages dans une atmosphère tantôt surréaliste, tantôt très très sombre.

On y croise des personnages vindicatifs, violents, un quasi mystique (le rameur), et d’autres plus ou moins sympathiques.

Quelques projets ?

– D’abord un roman déjà bien avancé … mon personnage passera par Dublin, Prague, Ostende, Barcelone et … les monts d’Arée. Un homme jeune en quète d’une jeune femme à la demande de son oncle.

– Un recueil de poèmes (de moi-même) et de photos infrarouges (ma fille de 20 ans les a faites)

– Dans un régistre un peu différent je prépare une conférence sur le jardin des plantes de Nantes à la demande de l’association Edouard Nignon !