1936-1939. La Bretagne dans la guerre d’Espagne

Nuit franquiste sur Brest V

Région atlantique, la Bretagne entretient depuis l’Antiquité d’importantes relations avec la péninsule ibérique. Du fait de cette proximité maritime, la Bretagne a d’autant plus été concernée par la terrible guerre d’Espagne que plusieurs centaines de Bretons se sont engagés dans les brigades internationales.

Quelques années après l’instauration de la République, l’Espagne élit un gouvernement de gauche, une coalition hétéroclite de socialistes, de communistes et d’anarchistes dite du Frente popular, un « front populaire » qui sera également soutenu par les nationalistes basques et catalans. Mais un jeune général, Franco, soutenu par les milieux conservateurs, provoque un putch de l’armée. Très vite, l’Espagne s’enfonce dans une terrible guerre civile.

Plusieurs centaines d’étrangers sont à Barcelone lorsque éclate le coup d’Etat, dont de nombreux sportifs venus participer aux « Jeux populaires » visant à concurrencer les Jeux Olympiques de Berlin, organisés par le régime nazi. Nombre de ces athlètes vont participer aux combats, aux côtés des républicains, dont quelques Bretons comme Louis MArasse de Ploubalzannec.

Des Bretons dans les brigades internationales

L’Allemagne nazie et l’Italie fasciste financent et envoient des troupes et du matériel aux franquistes. L’URSS en fait de même avec les républicains communistes, mais les démocraties occidentales refusent de s’engager en faveur de la République espagnole. En France, le gouvernement du Front populaire ne veut pas provoquer une armée française dont l’état-major est loin de regarder Franco avec hostilité. Cependant, dès octobre 1936, des volontaires affluent de toute l’Europe pour soutenir les républicains espagnols. Des « brigades internationales » sont organisées et vont attirer plusieurs milliers de combattants. Selon Georges Cadiou, plus de six cents bretons y prennent part, nombre d’entre eux y laissant leur vie.

Nombre de ses brigades se sont constituées avec l’aide du parti communiste français. Ce dernier s’est constitué plusieurs fiefs dans la banlieue parisienne, où l’émigration bretonne est particulièrement importante. On retrouve donc plusieurs cadres bretons du Parti communiste ou de la CGT dans les brigades internationales, à l’instar du syndicaliste Jules Le Troadec, de Bourbriac et installé au Havre. Le plus célèbre de ces brigadistes bretons demeure Henri Rol-Tanguy, le futur chef de la Résistance qui arrive en Espagne en février 1937. Le premier mort breton est sans doute Yves Hellequin, né à Paimpol et vivant à Issy-les-Moulineaux. Il meurt le 2 novembre 1936, lors du siège de Madrid.

Commissaires politiques bretons

Si une certaine légende romantique entoure la guerre d’Espagne et la lutte contre le franquisme, il est utile de rappeler que des exactions eurent lieu dans les deux camps. La confusion et les rivalités régnaient également dans le camp républicain, particulièrement entre les communistes d’un côté et les autres groupes d’extrême gauche d’autre part : trotskystes et anarchistes. Les combats entre eux étaient parfois violents. Les Brigades internationales se dotent ainsi de commissaires politiques. Plusieurs Bretons vont occuper cette charge comme le Morbihannais Jean Berthelot ou Pierre Le Rouzic, Marcel Marrec, René Hamon ou Henri Rol-Tanguy. Secrétaire du directeur de L’Humanité, Vaillant-Couturier, Réné Hamon est d’ailleurs tué durant la bataille de l’Ebre, pendant l’été 1938.

On retrouve même quelques Bretons dans le terrible Service d’investigation militaire, le SIM, mis en place par les soviétiques et qui se charge surtout de traquer les anarchistes et les trotskystes. Originaire d’Ille-et-Vilaine et installé en région parisienne, Albert Gourville fait partie de cette organisation responsable de nombreuses exécutions sommaires.

Réfugiés en Bretagne

Outre les brigades internationales, tout un réseau se met en place en France pour accueillir les réfugiés espagnols. C’est notamment le cas du Secours rouge, souvent très actif en Bretagne. Dans son roman Salido, l’écrivain Louis Guilloux a ainsi raconté l’arrivée de ces Espagnols dans le pays de Saint-Brieuc.

Nombre des réfugiés s’installent dans les grandes villes bretonnes, particulièrement Rennes. Beaucoup arrivent par mer. Les ports bretons voient ainsi arriver de nombreux navires venant du Pays basque ou des Asturies. Certains réfugiés connaîtront un destin tragique, à l’instar de Lluys Comganys i Jover. Ce nationaliste catalan était chef du gouvernement autonome de Catalogne. Il est arrêté à La Baule par les Allemands en en août 1940. Envoyé en Espagne, il est fusillé à Barcelone.

Brest, nid d’espions

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Au fur et à mesure de la progression des troupes franquistes, de nombreux navires républicains trouvent refuge dans les ports bretons. Ce faisant, ils attirent également de nombreux espions. Ainsi, en août 1937, un sous-marin républicain, le C2, vient faire relâche dans le port de Brest. L’historien Patrick Gourlay vient de publier une enquête sur l’étonnante tentative de vol de ce submersible par les espions franquistes. Dirigés par Julian Troncoso, un commando se rend dans la cité du Ponant. Sur place, il peut compter sur l’aide de militants d’extrême droite, notamment du Parti social français ou de l’organisation la Cagoule. A l’aide d’une prostituée, « Mingua l’audacieuse », ils tentent de retourner le commandant du sous-marin. Mais les espions franquistes sont infiltrés par … des espions anarchistes.

L’équipage est mis au courant et un militant républicain armé. Alors qu’en Espagne ils se combattent, anarchistes espagnols et communistes brestois organisent la surveillance du bâtiment. Or, le 18 septembre 1937, les franquistes passent à l’action. Un commando pénètre dans le sous-marin. Mais un marin, Augusto Diego, réfugié dans le kiosque, leur tire dessus. Un assaillant est tué. Le commando tente de fuir et quitte Brest. Ils seront rattrapés tour à tour par la police française. L’affaire provoque un clash diplomatique. Le procès des franquistes, quelques temps plus tard, va déchaîner les passions à Brest. Il illustre les profondes divisions de la société française sur la question de la guerre d’Espagne. Expulsé vers l’Espagne, Troncoso le maître espion franquiste finira d’ailleurs comme dignitaire du régime et dirigeant du Real de Madrid.

Erwan Chartier-Le Floch

Pour en savoir plus

Patrick Gourlay, Nuit franquiste sur Brest. Le vol du C2 en 1937, Spézet, Coop Breizh, 2013, 12 €50.

La vertu de la noisette d’Angèle Jacq

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Met draskañ a ra an tan ‘barzh ar siminal…

Lipañ a ra an huzil teodoù hir ha prim ar flamm

Sevel a ra skañv, griz, chal ha dichal, ar moged war ar voger vaen duet

Ha, dreist-holl, c’hwezh vat an avaloù o poazhañ skoachet ‘barzh al ludu tomm

Hag ar c’hestenn o c’hrilhañ e-kichen ar glaou ruz…

 

Mais craque le feu dans la cheminée…

Elles lèchent la suie, les longues et vives langues de la flamme.

Flux et reflux gris de la fumée légère et détendue sur la noirceur du mur de pierre

Et par-dessus tout ça, la bonne odeur des pommes cuisant dans la cendre chaude

Et des châtaignes en grillade près de la braise…

Installez-vous au coin du feu et profitez d’une douce veillée en compagnie d’Angèle Jacq. Contes et légendes que sa grand-mère lui contait, souvenirs d’enfance, poèmes d’aujourd’hui, elle nous emporte dans son monde de partage et de transmission.

Fille de paysan, Angèle Jacq est née à Landudal, près de Kemper, en 1937. D’abord agricultrice, elle a exercé différents métiers avant de devenir correspondante de presse et écrivain. Elle est l’auteur de plusieurs romans dont, en 2010, Les Braises de la liberté et Tinaig aux éditions Coop Breizh.

 

OHÉ MATELOT !

OHÉ MATELOT !
écrit par Ingrid Chabbert, illustré par Gaëlle Berthelet

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Une journée avec un petit matelot sur son bateau, à découvrir les merveilles d’un univers maritime haut en couleurs. Phares clignotants, algues dansantes, poissons colorés,… les dessins et collages acidulés illustrent un texte empli de tendresse, à lire avant de s’endormir !
Ingrid Chabbert est née en Aveyron. Jouer avec les mots, parler de la vie aux enfants, c’est sa passion. Elle a publié chez nombre d’éditeurs, comme Planète Rêvée ou encore Des Ronds dans l’O.
Gaëlle Vervelle-Berthelet, diplômée de l’ÉSAD d’Amiens, a été graphiste dans la publicité, puis professeur d’Arts Appliqués. La naissance de sa fille va l’orienter vers l’univers des enfants, et elle devient créatrice d’objets décoratifs. Puis elle se lance dans l’illustration jeunesse. Elle a à ce jour illustré une dizaine d’albums
chez plusieurs éditeurs, dont Auzou, Millepages ou bien encore Nord Avril.

32 p. / 9 €/17,5 x 17,5 cm / à partir de 3 ans

 

 

L’enfant du maquis

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Quimper 1943. Les troupes allemandes occupent la ville. Au jour le jour, si certains s’accommodent de la présence ennemie, d’autres entrent en résistance. Les plus jeunes, les enfants comme les adultes subissent ou supportent les uniformes vert-de-gris et noir des nazis qui sillonnent les quais et les rues de la cité cornouaillaise.

Xavier, 13 ans, le fils de Denez, ouvrier à la faïencerie locale enrage de croiser quotidiennement les soldats allemands et reproche à son père de ne pas avoir rejoint la Résistance. Yann, lui, le fils du patron de la faïencerie ne les trouve pas si déplaisant ces occupants. D’autant que deux officiers sont régulièrement invités à la table familiale par son père. Les deux enfants entretiennent depuis de longs mois de vieilles querelles, renforcées par la sympathie que Yann manifeste à l’égard des hommes de l’armée allemande.

Xavier, malgré son jeune âge, décide de résister à sa manière par de petits actes de sabotages. Mais son père qu’il croit indifférent aux événements est en réalité, depuis le début de la guerre, un combattant de l’ombre. Pris dans un piège, il est tué. Yann décide alors de rejoindre le maquis breton.

Dans cet ouvrage de fiction l’auteur a voulu restituer à travers le regard et la vie de deux enfants, le quotidien d’une ville sous l’occupation et rendre hommage à tous ceux qui, en Bretagne, ont lutté contre la barbarie nazie…

 

Claude Couderc, journaliste et réalisateur, a publié une quinzaine  d’ouvrages. L’enfance a souvent été la matière de ces reportages, documentaires, récits et romans. Ce Méditerranéen est tombé fou amoureux de la Bretagne. Il possède une maison à Doélan et il a écrit plusieurs ouvrages qui ont pour cadre le Finistère sud.

La Bretagne à gratter

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Un livre qui va amuser les petits et les grands en présentant ce pays d’une façon inédite et ludique. L’encre argentée une fois « gommée » révèle la complicité des images d’hier et d’aujourd’hui…. La mise en page est une véritable mise en scène, avec une foule de questions et d’anecdotes sur la Bretagne et son patrimoine unique.

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Format 195 x 245, 64 pages, 12 €

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Un livre évènement : le costume bigouden

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Des parures de roi et de reine pour un peuple de paysans : nulle part ailleurs en Bretagne qu’en pays bigouden, le costume traditionnel n’a revêtu une telle richesse. Loin de se limiter à la célèbre coiffe, le vêtement bigouden se caractérise par la richesse des broderies, l’étonnante diversité des motifs et leur rigoureuse codification sociale.

Costume de travail, de fête ou de deuil, André Charlot et Michel Bolzer retracent rigoureusement l’évolution des modes bigoudènes depuis le XIXe siècle. A travers une iconographie étonnante, en grande partie issue de leurs collections, ils présentent l’extraordinaire inventivité des artisans d’autrefois.

Cette vaste synthèse sur le costume bigouden est accompagnée de nombreux détails techniques, notamment pour la conservation des costumes et des coiffes. Un ouvrage de référence.