La harpe, instruments des Celtes de Mariannig Larc’hantec

Journal de bord d’un professeur de harpe celtique

.La-harpe,-instrument-des-CeltesV

Je déclare la harpe « instrument majeur de la poésie ».

En Irlande, la harpe était un symbole, celui d’une rébellion contre l’oppresseur anglais. À un moment de leur histoire récente, les Bretons ont senti le poids terrible du même joug, le joug de ceux qui, tout en déclarant les hommes libres et égaux en droits, leur avaient volé leur langue, leur culture, leur identité. Ils décidèrent eux-aussi, d’habiller leurs revendications identitaires avec les vêtements de la poésie.

 

La harpe passionne, elle intrigue, elle force l’admiration, le respect, même. Elle s’est emparée de moi un beau jour de mars 1963, elle ne m’a plus lâchée. Elle m’a fait découvrir le monde de la musique, celui de la poésie. Elle m’a entraînée de la très respectable institution de l’enseignement de la musique, autrement appelée « le conservatoire », aux univers les plus fantasques des conteurs et des poètes. Elle m’a conduite d’un bout à l’autre de la Bretagne, de la France et même du Monde.

 

J’ai appris la harpe celtique aux scouts, section Bleimor. Il s’agissait paradoxalement des scouts de France, mais scouts bretons tout de même. Notre formation était donc celle de l’éducation populaire. En éducation populaire, ceux qui savent apprennent à ceux qui ne savent pas. Cet apprentissage a certes ses limites, mais il est plein de fantaisie, il oblige la créativité.

Une jeune collègue me disait récemment « comment faisiez-vous, à la Telenn Bleimor, quand vous cassiez une corde ? » La réponse m’a échappé : « Toi, Morgane, tu téléphones chez Camac, tu as ta corde dans les 48 heures. Nous n’avions pas Camac, ni d’ailleurs le téléphone. Pour nous, c’était le système « D ». J’ai commencé ma vie de musicienne-apprenante, puis de musicienne-enseignante avant la Camac, avant Internet, avant la photocopie, avant que naissent les outils qui sont aujourd’hui notre quotidien. J’ai eu cette immense chance de vivre ces moments où tout était à inventer.

 

Kumaraswami nous enseigne qu’un poète n’est pas un être particulier mais que chaque être humain est un poète particulier. En tant que professeure de harpe celtique, j’ai été amenée à rencontrer de nombreux apprentis harpistes. Forte de l’enseignement du philosophe indien, mon ambition a été de faire que chaque élève qui m’était confié soit un musicien particulier qui s’exprime au moyen de la harpe celtique.

 

La harpe celtique est une aventure à elle toute seule : il lui fallait quelques aventuriers. Nous sommes plusieurs à  pouvoir raconter cette épopée : il y aura autant de récits qu’il y aura de récitants.

Juifs en Finistère, entretien avec Marie-Noëlle Postic

Des-Juifs-du-Finistère-sous-l’Occupation-V

 

 

1)    Pouvez-vous évoquer votre parcours et nous expliquer comment vous est venue l’idée de ce livre ?

 

J’ai été prof de français quelques années avant d’entrer au CNRS, au département de sociologie, comme ingénieur d’étude.

C’est certainement la réception de mon livre : Sur les traces perdues d’une famille juive en Bretagne  qui m’a poussée à en écrire un second consacré à l’histoire de Juifs dans le Finistère sous l’Occupation. Alors que plus personne ne parlait de la famille Perper, la parution du livre a libéré la parole ; nombreux ont soudain été les témoignages la concernant. J’ai ressenti comme une injustice le silence et l’ignorance qui demeuraient à l’égard des autres déportés du département. D’où l’idée – presque le besoin – de les sortir, eux aussi, de l’anonymat que constituait le collectif : « les Juifs ». J’ai voulu rétablir chaque individu dans sa propre histoire et dans sa singularité. Lors de ma première rencontre avec Serge Klarsfeld, en me montrant les murs de son bureau couverts de milliers de dossiers, il m’avait dit qu’il faudrait consacrer un livre à chacune de ces personnes déportées. Dans Des Juifs du Finistère sous l’Occupation (deux ou trois choses que l’on sait d’eux), j’ai voulu trouver quelque chose à écrire à propos de chaque personne recensée comme juif, en octobre 1940, dans le département.

 

2)- Qu’est-ce qu’a représenté la déportation des Juifs dans le Finistère ?

Sur les 141 personnes recensées à l’automne 1940 dans le Finistère, 48 sont déportées, ce qui représente sensiblement la proportion nationale. Ce sont 13 hommes et 2 jeunes gens, 19 femmes et 14 enfants, dont le plus jeune est à peine âgé de 9 mois, qui ont été exterminés aux camps d’Auschwitz et de Sobibor. Plusieurs de ces hommes, femmes et enfants ont été arrêtés dans le département, d’autres – 27 – l’avaient quitté, notamment à la suite des bombardements de Brest, pour Paris, pour Angers,  ou pour tenter de passer en zone libre.

En ce qui concerne les personnes non déportées, aucune n’est sortie indemne de ce temps de stigmatisation, de traque et de peur ; il leur a fallu se cacher et fuir sans cesse.

Ces familles venaient de Pologne, de Turquie, de Salonique, de Grèce, de Hongrie ou d’Allemagne. Il y avait aussi, bien sûr, des Français de longue date, comme la famille de Max Jacob. Je tenais à ce que ces gens ne soient pas uniquement vus comme des victimes. Ils avaient une vie « avant », une vie avant les persécutions. Ils étaient commerçants, médecins, enseignants, artistes, bref c’était des gens appartenant à toutes les strates de la société, et qui étaient bien intégrés dans la vie sociale de Brest, Quimper, ou Morlaix.

 

3)- Le déportation dans le Finistère présente-t-elle des particularités ?

Contrairement à ce que l’on imagine souvent, du fait de la présence et du positionnement des mouvements extrémistes séparatistes bretons, la situation du Finistère –  et plus généralement de la Bretagne –  n’a rien de spécifique. En effet dans ce département, comme dans les autres, le statut des Juifs est scrupuleusement appliqué, et l’enchaînement des étapes de l’exclusion, de la ségrégation, des spoliations, des arrestations et de la déportation exécuté avec le même zèle que partout ailleurs. Les préfets, les fonctionnaires se comportent majoritairement comme dans les autres régions. Les dénonciations existent et elles sont, comme partout, le fait de Français de tout bord et de tout statut. Comme ailleurs aussi, on trouve des gens « bien » qui aident et cachent les personnes traquées. Certes les ultras nationalistes bretons usent d’un vocabulaire violemment antisémite dans leurs publications et partagent les idées xénophobes de l’extrême droite, mais ils n’ont pas d’influence sur la façon dont le statut des Juifs est appliqué ici, traitement identique à celui en vigueur dans toute la France occupée.

 

4)- Avez-vous rencontré des difficultés dans vos recherches ?

Bien que les archives du Finistère soient moins complètes que celles d’autres départements en grande partie du fait des bombardements brestois, elles recèlent de nombreux documents concernant les recensements, les spoliations et les arrestations. Il me faut aussi souligner l’aide et le soutien remarquables que les archivistes apportent aux chercheurs.

Dans ce second texte, j’ai souhaité trouver et interroger des témoins. C’est une démarche passionnante car c’est le moyen de compléter l’archive « froide » par une rencontre humaine, avec tout ce que cela peut avoir de précieux mais aussi de fragile. Le témoin apporte de la « chair » aux événements tout autant qu’il interprète et revisite des temps lointains. Dans de nombreuses familles, l’Occupation terminée, le silence a été la règle. Si aujourd’hui la parole est possible, l’émotion est toujours vive, tout comme la crainte de l’antisémitisme reste présente, d’où chez certains témoins le refus de dire. Je ne peux pas parler de difficulté dans ces cas de refus, car ils sont aussi, à leur manière, une expression du vécu de ces personnes, et donc une forme de transmission.

 

5)- Pouvez-vous nous dire deux mots sur la construction littéraire, notamment cette correspondance fictive ?

 

La seconde partie du titre – qui n’est pas un sous-titre – annonce que souvent il ne reste que de minces traces de ces histoires de vie. Je n’imaginais donc pas écrire d’une manière linéaire ces vies fracassées par la Shoah, d’où la nécessité de trouver une construction adaptée. D’une part je devais suivre une stricte chronologie, car le processus de mise en application du statut des Juifs est effroyablement « logique ». D’autre part le cours de ces vies étant totalement bouleversé, il me fallait rendre ces cassures. D’où les séquences mises les unes à la suite des autres, sans lien autre qu’une numérotation en forme d’inventaire. Il ne fallait pas non plus suggérer une idée de « communauté ». Les personnes recensées dans le Finistère étaient des individus qui n’avaient rien de commun entre eux et étaient, pour la majorité, étrangers les uns aux autres avant d’être dépersonnalisés et dissous sous la désignation collective de  « juif ».

D’où un parti pris d’écriture alliant enchaînements et ruptures. C’est donc à la fois pour des raisons techniques et pour traduire le bouleversement de ces existences que j’ai décidé de fragmenter les récits. Je me suis ainsi trouvée avec des parcelles d’histoire, des pièces un peu dépareillées, comme des morceaux de mosaïque, qu’il fallait bien faire tenir ensemble. D’où la nécessité de trouver un « liant », un ciment. La correspondance fictive joue ce rôle ; elle permet les transitions, elle explicite mes options, traduit mes doutes, constitue une respiration pour le lecteur ; c’est en tous cas ce que j’ai voulu.

Le texte se présente comme un projet en train de se construire où les fragments d’histoires individuelles seraient les éléments constitutifs d’un édifice, et la correspondance, l’échafaudage.

 

 

 

 

Bretagne (1750-1950), la nation invisible, un livre événement

Les éditions Coop Breizh publient, en octobre, Bretagne (1750-1950), la nation invisible de Sharif Gémie. Ce dernier sera invité d’honneur au salon de Carhaix les 26 et 27 octobre prochain. Traduit de l’anglais par Patrick Galliou (université de Brest), ce livre apporte un regard neuf et stimulant sur l’histoire contemporaine de la Bretagne. Nul doute qu’il ne provoque le débat !

nation-invisible

Dans l’histoire de la Bretagne qui constitue le sujet de cet ouvrage, l’auteur s’attache à montrer qu’à l’époque moderne l’identité de la région résulte d’une série de dialogues entre celle-ci et Paris. Il étudie les relations diverses entre ces deux centres, relations qui furent parfois explosives et conflictuelles, comme lors des cycles des révolutions et des contre-révolutions, ou lorsqu’elles opposèrent laïcité et catholicisme, mais qui, en d’autres occasions, prirent des formes romantiques, lyriques, religieuses, historiques, ou banalement administratives. Des exemples concrets d’activités culturelles populaires, telles que les pardons, les émeutes frumentaires et les manifestations républicaines viennent illustrer cette analyse. C’est à travers ces dialogues que se forma l’idée contestée de celtitude qui servit à la fois de mythe des origines pour la France (« nos ancêtres les Gaulois ») et de marqueur identitaire pour la Bretagne. Cette idée se trouve encore aujourd’hui au cœur des identités française et bretonne.

Un regard neuf et stimulant sur l’histoire contemporaine de la Bretagne.

 

Sharif Gemie est professeur d’Histoire moderne et contemporaine à l’université du sud du pays de Galles. Il consacre sa recherche aux peuples marginalisés ou minoritaires de l’Europe moderne. Il est l’auteur de sept ouvrages, notamment sur la Galice ou l’Islam en France. Il étudie actuellement les voyages des hippies vers l’Afghanistan, l’Inde, le Népal et autres pays d’Extrême-Orient.

.

La Traversée de Lenaïk Gouédard

La-traversee-V

Pourriez-vous nous parler de votre parcours et de ce qui vous a amené au roman ? Avez-vous vécu aux USA pour en parler aussi bien ?

        Je crois que je suis venue au roman par la lecture. J’ai toujours beaucoup lu et ce depuis l’enfance. J’ai été nourrie par mes lectures, toutes sortes de lectures, des romans bien sûr, mais aussi de la poésie, des biographies, des ouvrages d’histoire, d’art… J’ai suivi un parcours de littéraire en faisant des études classiques au lycée, de la philosophie, du latin, du grec. Mais, en même temps, j’éprouvais une grande curiosité pour l’environnement qui nous entoure, l’envie de connaître les rouages des institutions, d’où le choix de mener des études juridiques et de m’engager dans une carrière administrative territoriale. Mon lien au livre ne s’est jamais relâché pendant cette période, cependant j’avais plus ou moins arrêté mes « griffonnages ». J’ai renoué avec l’écriture quand j’ai basculé vers l’enseignement, même s’il n’y a pas forcément de connections évidentes entre l’enseignement des sciences humaines et sociales dans le secondaire et l’écriture de romans. Ma connaissance des Etats-Unis a été tout d’abord livresque. J’étais et je suis toujours une grande admiratrice des romanciers américains, Louis Bromfield, Carson McCullers, Henry James, Edith Wharton, Henry Miller, mais aussi Philip Roth, Alison Lurie, John Irving ou Jim Harrison. Ce sont de fameux raconteurs d’histoires et, chez beaucoup d’entre eux, le rapport à la nature fait partie intégrante de leur sensibilité d’écrivain. J’ai passé un été dans l’Ouest américain, il y a quelques années maintenant, et j’ai eu un véritable coup de foudre pour l’Idaho et le Wyoming. Je me suis promis de leur donner un jour une petite place dans l’un de mes romans.

Comment vous est venu l’intrigue de ce roman ?

Quand on est né comme moi en Centre Bretagne, le thème de l’émigration a quelque chose de familier. Dans presque toutes les familles, il y a eu des départs pour les Etats-Unis ou le Canada. Cela fait presque partie de l’histoire familiale, d’une tradition. Les gens de Gourin avaient une place à part dans ce domaine, ils étaient les champions toutes catégories de l’émigration nord-américaine, avec une fierté et une fidélité à leurs racines que je trouve admirable. J’ai moi aussi vécu à l’étranger, les Bretons ont toujours été des voyageurs, capables de s’adapter à presque n’importe quel milieu, mais il leur reste toujours un lien très fort avec leurs origines. J’avais envie de parler de l’identité, non pas comme d’une différence, mais comme d’une chose qui peut unir des personnes par-delà le temps qui passe et la distance qui sépare.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur les personnages ?

Oh ! j’aime tous mes personnages, mais j’adore le grand-père de Wendy. C’est un coriace, un homme courageux, mais qui a pas mal de tours dans son sac et qui n’hésite pas à en user pour arriver à ses fins. Cependant, il y a chez lui une autre personnalité qui affleure, plus sensible, plus blessée et qui en fait un homme assez complexe finalement. Wendy est une fille épatante. Son année au pair est l’occasion pour elle de faire le point, de quitter le cocon familial, de s’affranchir de son univers un peu routinier. Elle sait ce qu’elle veut mais, en même temps, elle est un peu naïve, un peu perdue dans un environnement soudain très différent du sien. Comme elle est pragmatique, elle s’adapte, elle avance, même si elle commet parfois des gaffes. Tout serait beaucoup plus difficile sans Viviane. J’ai une tendresse particulière pour ce personnage qui est toujours sur le fil, presque en équilibre instable. Viviane, c’est l’impétuosité, l’originalité, le goût de la provocation, mais aussi une sensibilité à fleur de peau. Elle est beaucoup plus mûre que Wendy car elle a déjà traversé des épreuves, elle a une énergie qui emporte tout, et en même temps une fragilité qui serre le coeur. Quant à Justin et Mathieu, ils ressemblent à beaucoup de ces enfants qui vivent un peu coincés entre leurs parents divorcés. Ils font de leur mieux pour grandir dans une famille qui a du mal à se recomposer. Justin a besoin de tendresse, d’affection, c’est encore un tout-petit, alors que Mathieu a déjà un pied dans le monde des adultes, d’où son agressivité. Il est assailli en permanence par la crainte d’une nouvelle fracture familiale qui le priverait de son père. Simon est un père différent, mais un père, même s’il a quelques difficultés à endosser le rôle. Il lui faut du temps, retrouver une certaine estime de soi. C’est quelqu’un qui a beaucoup de mal à manifester son amour, son affection parce qu’il est toujours caché à lui-même et aux autres. Rien n’est facile pour lui. Alors, il y a une sorte de dieu lare, une divinité du foyer qui veille sur la maisonnée, c’est Mariette. Elle obéit au principe du chaos dans l’ordre. Elle ne remplit pas forcément ses fonctions premières – le ménage – mais elle est celle qui panse les blessures, calme les angoisses, écoute. Enfin, il y a Solange, la soeur perdue et retrouvée de Leo. Elle a connu l’abandon, puis un parcours très difficile à une époque où la stigmatisation sociale était violente à l’égard des jeunes filles qui s’écartaient du « droit chemin ». Mais, c’est une forte personnalité qui a surmonté tous les obstacles pour reconstruire son destin. La dernière étape de cette reconstruction s’achève avec les retrouvailles avec Leo. Le fil est enfin retissé entre le passé et le présent.
001_1

La Traversée nous parle de l’Amérique et de l’Europe aujourd’hui, le roman était-il un moyen pratique pour évoquer des relations parfois compliquées entre deux continents ?

    D’une certaine manière, oui. Nous avons souvent tendance à voir ce qui nous sépare : la langue, les comportements, les normes, certaines rancoeurs que l’on ne parvient pas à dépasser. Or, il faut un peu d’empathie pour aller vers l’autre. Parfois, il suffit de déplacer, de décentrer un tout petit peu notre point de vue pour s’approcher de ce qui nous semblait étranger. Nous avons beaucoup plus de choses à partager avec les Américains que de choses qui nous séparent.

Votre roman est aussi une enquête historique sur la Bretagne du XXe siècle. Pouvez-vous nous en dire plus ?

    J’aime beaucoup la photographie ancienne et, plus particulièrement, celle qui témoigne de la vie quotidienne ou des manifestations collectives du passé. Un jour, une amie m’a apporté un livre de photos sur l’industrie de la chaussure à Fougères dans la première moitié du XXe siècle. Je suis restée stupéfaite devant certaines photographies. J’ai commencé à me renseigner sur les conflits dans le monde du travail en Bretagne. Il y avait beaucoup de choses passionnantes, par exemple sur les conserveries. Mais, je revenais toujours vers mon livre de photos sur Fougères.
Finalement, j’ai décidé d’orienter mon travail de documentation sur Fougères. Plus j’avançais, plus j’étais prise par mon sujet. Quand vous lisez les rapports de police sur les assemblées générales des syndicats qui rassemblaient plusieurs milliers de personnes, vous ne pouvez plus faire marche arrière, vous êtes happée par le courant d’air de l’Histoire.

Cinq nouveautés aux éditions Coop Breizh en septembre

Michel Mohrt, portrait par Yves Loisel

Michel-Mohrt-couv

Originaire de Morlaix, Michel Mohrt (1914-2011) était un écrivain discret. Académicien français, romancier de premier ordre, fin connaisseur de la littérature américaine, il est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages, dont une quinzaine de romans où s’entremêlent, pour l’essentiel, des épisodes liés à la Seconde Guerre mondiale et les amours, souvent tourmentées, que vivent ses personnages.

Pour autant, bien que se réclamant de la France conservatrice et même traditionnelle, Michel Mohrt n’a pas écrit des romans à thèse, un genre qu’il désapprouvait : il entendait être, avant tout, un témoin de son temps et un raconteur d’histoires. Qui était donc cet homme élégant à l’allure si britannique ? Un réactionnaire inflexible ? Un anticonformiste ? Un anarchiste désabusé ? Au lecteur de se forger une opinion à travers ce portrait où se révèlent une personnalité riche et un caractère bien trempé.

L’auteur :

Ancien journaliste au Télégramme, Yves Loisel est l’auteur de trois ouvrages : Xavier Grall – Biographie (éditions Jean Picollec, 1989 ; réédition Le Télégramme, 2000), Louis Guilloux – Biographie (éditions Coop Breizh, 1999) et Voix et Visages – Rencontres avec 32 écrivains de Bretagne (Coop Breizh, 2000).

Format : 155 x 240 cm, 176 pages

Prix :  15 €

La Harpe des Celtes, carnet de bord d’une professeur de harpe

 

 

 

 

La-harpe,-instrument-des-CeltesV

La harpe celtique est née en 1953 et Mariannig Larc’hanteg l’a rencontrée en 1963. Elle évoluait alors dans le milieu des Bretons de Paris, avait fréquenté le mouvement Bleimor et suivi les cours de l’École normale de musique.

Imprégnée de culture bretonne mais également de musique classique, Mariannig va se vouer à la harpe celtique dont les Bretons ont fait le symbole pacifique de leur revendication identitaire. Alan Stivell l’a présentée et imposée au monde entier. Mariannig Larc’hanteg s’est investie pour la proposer aux institutions de l’État, elle et la culture qu’elle portait en bandoulière. e

Avec passion et émotion, elle retrace son parcours d’artiste et de musicienne. La harpe celtique est un livre d’aventure, celle de la musique des Bretons, vue du bout de ses cordes. Un témoignage précieux sur l’histoire de la culture bretonne depuis un demi-siècle.

Prix : 15 €

 

Ma vie dans la montagne

Yann Lukas

MaVieDansLesMont-V

En Bretagne, la « Montagne » désigne l’intérieur de la péninsule, entre monts d’Arrée et montagnes noires. Un pays resté longtemps un peu à l’écart, mais un terroir convivial avec sa culture très vivante et son caractère affirmé. Ces chroniques d’un village imaginaire, Lannevez, nous relatent les aventures de François Le Fur, musicien et joyeux épicurien. Dans un monde rural en plein bouleversement, un bel hymne à l’amitié et à l’amour.

Ce récit plein d’humour et de justesse est un hymne à ce centre Bretagne si attachant.

L’auteur : Journaliste et écrivain, Yann Lukas est l’auteur de plusieurs beaux livres sur la Bretagne, dont l’un consacré aux minéraux et roches de la péninsule. Il a également rédigé des pièces de théâtre et des poèmes de science fiction.

Prix : 11,90 €

 

La Traversée

Lemaïk Gouedard

La-traversee-V

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Wendy, une jeune Américaine, issue d’un milieu modeste de fermiers de l’Idaho, vient passer une année d’études à Rennes. Hébergée comme jeune fille au pair chez un avocat divorcé, elle découvre que sa famille d’accueil cache quelques secrets. À la fac, elle apprend à naviguer entre bureaucratie, conformisme universitaire et agitation politique. Un apprentissage de la vie donc, mais également une quête familiale sur les traces d’une arrière-grand-mère. Au fil de ses recherches, Wendy se plonge dans l’histoire de la Bretagne contemporaine, de l’émigration des Bretons de Gourin vers les USA aux grands mouvements sociaux dans les usines de chaussure de Fougères, au début des années 1930.

Un voyage géographique, historique et initiatique entre Armorique et Amérique.

 

L’auteur :

Professeur en économie et sciences sociales, Lénaïk Gouedard vit dans le pays de Rennes. Passionnée d’écriture, La Traversée est son premier roman.

Prix : 13,90 €

 

Des juifs en Finistère, deux ou trois choses que l’on sait d’eux

Maire-Noëlle Postic

Des-Juifs-du-Finistère-sous-l’Occupation-V

 

Peu nombreux dans le Finistère, les Juifs y subirent néanmoins la Shoah avec la même barbarie et dans les mêmes proportions qu’ailleurs dans la France occupée.

Les étapes de la persécution sont décrites à travers les histoires particulières de familles françaises de métropole et d’Algérie ou originaires de Turquie, de Pologne, de Salonique, d’Allemagne, de Grèce, de Russie et de Hongrie qui avaient choisi de vivre et travailler dans ce département breton.

Le texte se propose de sortir du silence et de l’oubli des vies prises dans le cataclysme de l’Histoire, de rétablir chaque personne dans son individualité, dans sa singularité, dans sa trajectoire spécifique dont la dépossédait l’étiquetage collectif « Juif ».

À partir d’un travail d’archives, du recueil de témoignages et d’une réflexion sur l’écriture de la Shoah s’élabore le manuscrit par un jeu de composition entre une correspondance fictive et le livre en train de se construire.

L’auteur : Marie-Noëlle Postic est née en 1945. Après une carrière d’ingénieur d’études au CNRS, au département de sociologie, à Paris, elle vit et écrit dans un petit village du nord Finistère. Avec ce second texte consacré aux Juifs du Finistère sous l’Occupation, elle poursuit sa quête sur la transmission de la mémoire individuelle et collective à travers l’agencement des traces et des souvenirs.

Elle a publié, en 2007, Sur les traces perdues d’une famille juive en Bretagne aux éditions Coop Breizh. Cet ouvrage a été réédité à trois reprises.

 

 

 

 

l’interceltisme au café breton de dialogue Brest ce mardi

Le mardi 10 septembre 2013 à 18h00
Café de la librairie
Rencontre avec Erwan Chartier

Interceltisme

Éditeur et journaliste, Erwan Chartier a réalisé de nombreux reportages sur les pays celtiques. En 2010, il a soutenu une thèse sur l’interceltisme à l’Université de Rennes 2.
Les premières relations interceltiques modernes remontent à 1838. Depuis plus d’un siècle et demi, l’interceltisme est devenu une part importante du discours identitaire breton. Son développement éclaire l’histoire des mouvements politiques régionalistes ou nationalistes, ainsi que les évolutions du mouvement culturel breton.
Débat en langue bretonne animé par Mikael Baudu.

D’ar meurzh 10 a viz Gwengolo, 6 eur noz, stal-levrioù Dialogues, straed Siam, Brest. Emgav gant Erwan Chartier-Le Floc’h evit komz diwar benn e levr nevez war Istor an Etrekeltiegezh «Histoire de l’interceltisme en Bretagne» Embannadur Coop Breizh
E 1838 ez adkrogas an darempredoù etrekeltiek, etre Breizh ha Kembre da gentañ. Abaoe ur c’hantved hanter eo deut da vezañ ul lodenn a-bouez eus meiziad identelezh Breizh. Oc’h heuliañ an darempredoù etrekeltiek e tispenner roudoù istor an emsav politikel rannvroeloù ha broadelour, hag emdroadur an emsav sevenadurel e Breizh.
Embanner ha kazetenner, e-leizh a gelaouadennoù er broioù keltiek en deus bet digarez d’ober Erwan Chartier. Un dezenn war an etrekeltiegezh en doa tremenet e 2010 e Skol Veur Roazhon 2.
Deuit d’e glevout ha da sevel goulennoù outañ ! E brezhoneg evel just !
Pep miz e vez kaset en-dro gant Mikael Baudu kaozeadennoù «Café breton» e stal Levrioù Dialogues e Brest.