Lenaïk Gouedard, auteure d’Une fille en trop

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Une fille en trop, le tome 2 de la trilogie rennaise, vient de sortir en juin aux éditions Coop Breizh. S’agit-il d’une suite de La Traversée, votre premier roman ?

Les deux livres peuvent se lire indépendamment, les deux histoires sont distinctes même si on voit apparaître à la fin d’Une fille en trop Viviane qui est l’un des personnages principaux de La Traversée.

Pourquoi alors parler d’une trilogie rennaise ? Quel est le lien entre les trois livres qui constitueront celle-ci ?

Je crois qu’il y a plusieurs liens, une sorte de déclinaison qui épouse des formes différentes dans chacun des volumes et en fait un ensemble. Cependant, le lien le plus évident entre les trois parties de la trilogie est la ville de Rennes. Elle sert de décor dans les deux premiers livres et elle sera encore très présente dans le troisième, même si l’action se déplacera davantage vers le centre Bretagne.

Cela signifie-t-il que les personnages ne sont pas les mêmes d’un livre à l’autre ?

Comme dans la vraie vie, les personnages continuent leur existence romanesque dans la trilogie. Parfois, ils occupent le premier plan de l’intrigue, parfois ils passent au second plan, mais ils n’ont pas quitté la scène, ils sont toujours là, prêts à revenir.

Votre premier ouvrage, La Traversée, s’attachait à suivre les destins croisés de deux femmes, Wendy la jeune Américaine qui débarquait à Rennes, et son aïeule Catherine qui avait fait la traversée dans l’autre sens, de la Bretagne aux États-Unis. Une fille en trop suit une trame différente, il ne s’agit plus ici de remonter et d’explorer certaines pages du passé.

En effet, c’est pourquoi je parlais tout à l’heure d’une sorte de déclinaison dans la trilogie. La Traversée est bâtie autour de l’idée du départ. Qu’est-ce que cela signifie aujourd’hui de quitter son pays et d’aller passer un an à l’étranger ? Qu’est-ce que cela voulait dire autrefois de s’embarquer pour un pays inconnu en ne sachant pas ce qui vous attendait de l’autre côté de l’océan ni si vous reviendriez un jour ? Une fille en trop s’attache à l’étape suivante, la construction du couple et de la famille. Comment fait-on pour passer du tête-à-tête amoureux à d’autres liens qui exigent une certaine confiance en l’autre ?

Le ton de votre roman paraît plus sombre.

Je n’en suis pas sûre, car les situations auxquelles se trouve confrontée Élisabeth peuvent être cocasses et comme elle a beaucoup de tempérament et d’énergie, elle trouve toujours le moyen de les surmonter. Mais il est vrai que l’irruption de la violence, sous des formes parfois très différentes, imprègne l’intrigue du livre. Il peut s’agir de la violence faite à des personnes vulnérables, à des enfants par exemple, de la violence conjugale, ou économique voire politique, mais aussi de l’atteinte à la vie même. Il y a une petite corde de la souffrance qui vibre dans chacun de mes personnages et tend un peu la nôtre.

Cependant, l’optimisme semble toujours l’emporter chez eux.

Bien sûr, parce que toute cette violence est contrebalancée par l’amour, l’affection, la solidarité, ces sentiments que nous éprouvons chaque jour dans notre vie et que mes personnages aussi découvrent en eux-mêmes ou chez les autres. C’est ce qui les rend forts et leur permet d’avancer.

Quant au troisième tome de la trilogie ?

Il est à l’écriture. Je ne vous en dévoilerai rien sinon que quatre années ont passé et que Wendy est de retour en Bretagne.

 

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