Réédition de Patrimoine sacré de Bretagne

 PATRIMOINE SACRE

 

Bretagne terre sacrée

 

 

 

La foi en Bretagne est une vieille histoire. Depuis un millénaire et demi, elle s’est incarnée dans un christianisme aux formes multiples et aux usages parfois étonnants. Elle a profondément marqué l’identité collective et, plus qu’ailleurs, la religion a façonné le paysage d’une péninsule qui possède peut-être l’une des plus importantes concentrations d’édifices sacrés au monde. Ce livre donne un aperçu de cette extraordinaire profusion d’églises, de chapelles, de fontaines ou d’oratoires… Il nous donne à voir combien la foi a pu être une source d’inspiration spirituelle et artistique.

Si la religion catholique se veut, par essence, universelle, elle a pris des formes bien particulières dans cette péninsule d’extrême Occident. À commencer par le culte des saints, singulièrement nombreux dans l’hagiographie bretonne. Venus d’Irlande, de Grande-Bretagne ou du Bassin méditerranéen durant le haut Moyen Âge, ils ont évangélisé cette terre qu’on commençait à appeler la Bretagne. Ils ont donné leur nom à la plupart des communes actuelles – héritières des plou, des tre et des lan primitifs. Ils sont désormais révérés dans une multitude de lieux, à côté des saints bretons, en premier desquels Yves Hélory de Tréguier, patron des Bretons et des avocats.

Les Bretons ayant, paraît-il, l’esprit de clocher, ils ont depuis des siècles mis une bonne partie de leur énergie et de leurs revenus à construire des édifices qui surprennent par leur esthétique ou leurs dimensions. Il est vrai que ces constructions expriment tout autant une foi profonde qu’une certaine rivalité avec les paroisses voisines. Une concurrence qui a conduit à multiplier les signes ostentatoires de piété, nous laissant découvrir aujourd’hui tant de chefs-d’œuvre. On prendra pour exemple les fabuleux enclos paroissiaux des monts d’Arrée et de haute Cornouaille. À la Renaissance, cette région devient productrice de solides toiles de lin qu’on s’arrache dans toute l’Europe. L’argent afflue. Il paye les architectes, les bâtisseurs, les peintres et les sculpteurs de Saint-Thégonnec, Commana, Pleyben ou Lampaul-Guilmillau. Les églises se parent de statues et de tableaux, les sacristies d’orfèvrerie sacrée. On construit d’imposants calvaires, des ossuaires de hauts clochers… Il en reste une impressionnante concentration d’œuvres d’art.

C’est donc à un formidable voyage que nous invitent Paul Andrew Sandford et le père Yves Castel. Une belle pérégrination à travers toute la Bretagne, dans les recoins des grandes cathédrales comme dans les humbles chapelles des campagnes qui possèdent fréquemment des merveilles artistiques insoupçonnées. À travers les expressions souvent singulières d’une foi ardente, c’est sur l’âme de tout un peuple que les auteurs lèvent le voile.

Erwan Chartier-le Floch

Pratique :

Format 22 x 29 cm,  192 pages.

Prix public : 35 €